mercredi 10 juillet 2013

La Direction livre le CE à la CFTC !



Après le tract commun CGT, CFE-CGC et CFDT du 10 Juillet, la reprise de ce tract et nos explications.
 
Elections du Secrétaire du Comité d’Entreprise mercredi 10 Juillet :
La Direction livre le CE à la CFTC!
 
 
Les candidats pour le poste de secrétaire en lice lors du premier CE suite aux élections étaient :
 
·        La candidate CGC ayant le support des syndicats CGT et CFDT
o   représente 63,4% des voix des employés (CGC 34,3%, CGT 20,7%, CFDT 8,4%)  
o   4  élus au CE du fait  du vote proportionnel (3 CGC et 1 CGT).
 
·                Le candidat CFTC
o    représente 36,6% des voix des employés
o    4 élus au CE grâce au vote proportionnel.
 
Les 3 élus CGC et l’élu CGT ont voté pour la candidate CGC : 4 voix
Les 4 élus CFTC ont voté pour le candidat CFTC : 4 voix
Nous étions donc à égalité.
La loi a prévu qu’en cas d’égalité le candidat le plus âgé l’emporte ce devait donc être la candidate CGC qui devait rester secrétaire du CE.
La Direction a usé de son droit de vote pour contrer la loi et favoriser le candidat CFTC au mépris des 63% des employés représentés par la candidate de la CFE-CGC supportée par la CGT et la CFDT.
La Direction nous a accusé de « tripatouillage » alors qu’il est tout à fait normal de faire des alliances, cela se fait dans toutes les assemblées, et cela est donc  légitime dans le cadre de valeurs communes (établissement d’un rapport de force constructif et sans accointance afin d’améliorer les conditions de travail des Microsoftees et de défendre l’intérêt des salariés). La CFTC a été dans l’incapacité de le faire du fait du rejet qu’elle suscite et de sa compromission avec la DRH.
Pourquoi ?
 
1.     La Direction n’a pas supporté l’union syndicale CGT, CFE-CGC et CFDT du précédent mandat qui a mené une action en justice pour non-conformité du système d’évaluation au droit français. Pourtant elle avait reconnu que cela lui avait permis de remonter la problématique à la CORP et de faire évoluer la situation : annonce de l’abandon du système de quota de note et de comparaison des employés entre eux. Cela ne nous paraissait cependant pas suffisant car de nombreux éléments montraient que le système perdurait (Calibration ou French Harmonisation).
 
2.     La Direction avait demandé en février le retrait de l’action en justice au civil et au pénal. En CHSCT l’ensemble des élus se sont prononcés contre ce retrait sauf l’élu CFTC qui s’est abstenu. En CE l’ensemble des élus se sont également prononcés contre ce retrait, l’élu CFTC n’étant pas présent.La Direction a alors annoncé : « Alea jacta est. Je ne vous promets pas les toujours du grand soir mais juste un peu de sang et de larmes » (extrait du PV enregistré)
 
3.     La Direction voulait donc casser cette unité syndicale en favorisant un syndicat de circonstance au détriment de l’expression de la majorité des Microsoftees.
 
4.     L’opportunité a été celle des élections de Juin.
 
5.     Des janvier une nouvelle équipe CFTC a été aidée et favorisée par la Direction au vu des témoignages qui nous ont été apportés.
 
6.     Des irrégularités de la Direction et de la CFTC ont été constatées pendant les élections poussant la CFDT à mener une action en justice
 
7.     Au final, la direction a finalement partiellement échouée car elle se trouve devant un CE divisé sans majorité et des syndicats CGT et CGC majoritaires sur le plan syndical pour signer les accord d’entreprise. Le prochain CHSCT devrait également être divisé et donc ingouvernable.
 
8.     Sans majorité, aucune institution ne peut fonctionner, c’est sans-doute le souhait de la Direction pour que les représentants du Personnel ne puissent pas jouer leur rôle.
 
9.     Avec le vote de la Direction en CE pour la CFTC, la CFTC devient officiellement le syndicat d’accompagnement de la Direction.
 
10.                       Au final le dialogue social et le climat social seront fort compromis pour les 4 années à venir.
 
11.                       A vouloir jouer l’apprenti sorcier…..
 
Nous contacter :
-> Pour s'abonner à notre lettre d’information: email: cgtmicrosoft@orange.fr titre: "abonnement"
-> Pour se désabonner : titre : « désabonnement »
 

dimanche 7 avril 2013

Management : Microsoft évalué en justice ?

source: http://www.nvo.fr/article.php?IDchapitre=1564&nbr=0&IDssrubrique=38&rec=microsoft

Ecrit par : Franck Petit - Photos : Vincent Isore / IP3
Publié le 2 avril 2013


Les délégués de Microsoft France ont attaqué leur système d’évaluation en justice, d’abord pour entrave à l’action syndicale – audience le 25 mars à Nanterre – puis sur le fond, pour un procès qui pourrait se tenir en 2013. Depuis, la direction semble prendre les représentants du personnel plus au sérieux.


L’omnipotente «corporation», maison mère du géant américain de l’informatique, n’avait pas nécessairement l’habitude de consulter les représentants de ses 1500 «microsoftees» employés en France. Mais la donne a quelque peu changé pour Microsoft France depuis que le CHSCT a fait expertiser puis a poursuivi en justice son système d’évaluation, directement inspiré des méthodes de Jack Welch, l’auteur de Winning («Gagner»).

«Lavantage chez Microsoft, cest que tout est évident: le système d’évaluation veut quenviron 10% des employés partent chaque année, via un régime de notations individuelles comparées, explique Pascal Vaché, secrétaire du CHSCT France (lire entretien ci-contre). Dans ce système, il faut qu’un nombre à peu près constant de salariés soient renvoyés. Ainsi en France nous avons fait les comptes: 35 licenciements en 2012 (plus 43 démissions), 34 licenciements en 2011 (et 76 démissions), 31 licenciements en 2010 (pour 66 démissions) Les chiffres parlent deux-mêmes!»

Derniers de la classe

C’est la méthode dite du «ranking forcé», cest-à-dire classement forcé. Des réunions «de calibration», au cours desquelles les managers comparent les employés, les classent suivant une courbe de «répartition». Dans le courant de lannée suivante, les 10% derniers de la classe sont invités à payer leur pot de départ. Le hic, c’est qu’en France, tant la comparaison relative entre les salariés que les quotas forcés sont illicites; et que la loi impose une concertation des CE et CHSCT préalable à la mise en place de systèmes d’évaluation. Trois manquements à la loi pointés par l’expertise commandée par le CHSCT en 2011, qui a déclenché deux plaintes, déposées en commun avec le CE. L’une au pénal contre la DRH pour délit d’entrave. L’autre au civil pour contester le système sur le fond.

«J’avais orienté en amont l’expertise vers les aspects légaux, en concertation avec les délégués et avec un avocat, précise Christophe Genthial, expert au cabinet Secafi. Nous avons du coup fait poser quelques questions à la DRH, qui a répondu qu’effectivement ils classaient les gens. Du coup, les délégués ont pu constituer deux ou trois preuves par e-mail, dont ils se sont servis.» Le système a été officiellement corrigé début 2012, après le dépôt des plaintes. Améliorations cosmétiques, selon Ahmed Irkakene, membre CGT du comité d’entreprise: «Ils ont juste changé les termes. La direction dit quelle a entendu notre revendication, elle a changé le mot calibration par harmonisation. Mais au final le résultat est exactement le même: on compare les gens entre eux. Ce qui les intéresse, c’est d’être dans le cadre légal, point à la ligne.»

Feedback haïssable

La marge de manœuvre reste faible dans ce groupe aux méthodes de gestion mondialisées. Mais Microsoft étant très soucieux de son image, l’action judiciaire a fait bouger les lignes. Pour le secrétaire du CHSCT, «laction en justice [que la direction tente actuellement de faire interrompre par la négociation, NDLR], quon la gagne ou quon la perde, cest un symbole. La victoire, nous lavons déjà emportée.»

En sus de la disparition officielle du ranking forcé, un autre maillon du système d’évaluation a été réformé: le «feedback». «C’était malhonnête, commente Christophe Genthial. Chacun devait suggérer à son manager des personnes susceptibles de commenter son travail. Mais le manager pouvait supprimer certains noms suggérés et en ajouter d’autres, sans en informer l’employé. Ensuite, les consignes étaient floues sur l’usage qui en était fait. Déonto­logiquement c’était choquant, et cela posait un problème vis-à-vis de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), qui impose un accès aux données personnelles.» Largument juridique a porté. Le feedback a été maintenu, mais avec plus de transparence.

La qualité du dialogue semble aussi avoir évolué. Depuis un an, la DRH France respecte plus, d’après les élus, les apparences de la consultation avant d’appliquer les directives émises outre-­Atlantique. Pour certains, la modification d’un plan de licenciement en plan de reclassement pour la division publicité à l’automne en serait la preuve. «Ils nous ont dit que nous les ­avions éclairés sur un certain nombre de points qui les ont fait changer davis, précise Ahmed Irkakene. Mais je pense que ce qui les a fait changer davis, cest surtout le fait que le plan social gelait tous les postes… Après, oui, effectivement, les reclassements se passent plutôt bien.»

Cyclisme et dopage

Autre réaction de la corporation: elle a créé en 2012 un poste de conseiller juridique monde, chargé dadapter ses décisions aux spécificités des pays. «Cest un peu lhistoire du cyclisme et du dopage, tempère lavocat des salariés, Christian Saïd. Cest aussi par nos luttes que l’on a imposé l’évaluation. On a créé l’obligation de faire évoluer le salarié. Et pour cela, les employeurs ont plaidé qu’il fallait pouvoir évaluer. On y est. Et maintenant que l’on a obtenu quelques victoires claires – sur la consultation des IRP et les quotas forcés – les nouveaux systèmes d’évaluation risquent de devenir plus cachés, ou plus perfectionnés.»
«On ne peut pas se passer de système d’évaluation et il ne peut pas y avoir de système parfait, estime de son côté Christophe Genthial. La solution, c’est de négocier pour mettre en place un système le meilleur possible, en s’appuyant sur des contraintes de métier, sur ce qui se passe réellement dans le travail. Et pour cela, pour savoir comment faire, il suffit de poser la question au salarié, à celui qui connaît son métier.»

vendredi 22 mars 2013

Great Place to Work : le classement où il fait bon figurer

Très bon article sur le sujet sur Channel News: http://www.channelnews.fr/expertises/etudes/15177-great-place-to-work-le-classement-ou-il-fait-bon-figurer.html

Un extrait:

On peut toutefois s’interroger sur la représentativité d’un classement où ne figurent que les entreprises prêtes à débourser plusieurs milliers d’euros pour y figurer. Cela dit, ces dernières - qui ne représentent même pas 1% des entreprises de l’Hexagone – ont ainsi à leur disposition un formidable outil de communication. Soyons sûrs que les communiqués de presse triomphants annonçant la présence de la société dans le précieux classement ne manqueront pas de tomber rapidement dans les messageries des journalistes.